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Molière, Tartuffe et la question de la dévotion

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Bacfrançais, prof 1ère
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MessageSujet: Molière, Tartuffe et la question de la dévotion  Posté leJeu Mar 28, 2013 4:05 pm Répondre en citant


Parcours de lecture : Yolaine P. et Hervé C.


Tartuffe : La satire de la fausse dévotion




Introduction

Tartuffe est une œuvre théâtrale de Molière écrite en 1664 dont la censure ne sera levée qu'en 1669.Cette comédie a fait beaucoup de bruit à son époque et a longtemps été critiquée par l'Église. Aussi, Molière précise bien dans son premier placet au roi que « le devoir de la comédie est de corriger les hommes en les divertissant » et que l'hypocrisie était un fait des plus dangereux, surtout dans la religion. Il ajoute qu'il ne veut pas attaquer la religion et tous les dévots dans son œuvre mais bien, l'hypocrisie religieuse; les « faux dévots », qu'il a pris toutes les précautions pour les différencier l'une de l'autre et que ce n'est pas libertin, comme l'accusèrent ses opposants, de dépeindre la réalité.

« Tartuffe » est une pièce de vers ou l'auteur attaque certains vices et les ridicules de sont temps. Tartuffe, dont le personnage éponyme est le faux dévot et l'hypocrite par excellence, montre plusieurs satires; celle des mœurs, celle de la société, et aussi celle qui nous est primordiale: celle de la religion.

Il en découle de se poser la question: « En quoi « Tartuffe » est une pièce théâtrale dénonçant les abus de l'Église et montrant une satire de la religion par l'hypocrisie de la fausse dévotion? »



1/ Une image caricaturale des vrais dévots

a) Qu'est ce qu'un dévot? En quoi Tartuffe n'en est-il pas un?





Un dévot est une personne pieuse, pratiquant la religion avec ferveur. Hors, Tartuffe et tout sauf un dévot et, en cachant son jeu derrière un visage machiavélique, il essaie de parvenir à ses desseins qui sont de s’accaparer les biens de la famille et la femme d’Orgon, son fidèle admirateur.

Tout d’abord, Tartuffe arrive à mettre madame Pernelle et Orgon (en effet ils sont les maitres de la maison) en confiance pour éloigner de lui tout problèmes : « Mme Pernelle à Elmire : « Je vous dis que mon fils n’a rien fait de plus sage quand recueillant chez lui ce dévot personnage » (Acte I, scène 1, vers 145-146).

Mais le vrai Tartuffe et très vite démasqué par Dorine, la domestique, qui le définit de sensuel, jouisseur et d’hypocrite, surtout lorsqu’il réplique : « couvrez moi ce sein que je ne saurais voir » (Acte III, scène 2, vers 860). L’intelligence de celle-ci montre aussi une satire de la société où le servant est plus habile que son maître.



De même, Cléante découvre ce faux dévot en disant à Orgon : « Les bons et les vrais dévot, qu’on doit suivre à la trace, ne sont pas ceux aussi qui font tant de grimaces. Hé quoi ! Vous ne ferez nulle distinction entre l’hypocrisie et la dévotion ? » (Acte I, scène 5, vers 329-332). De plus, il expose sa pensée sur les vrais dévots qui n’est autre que la pensée de Molière incarnant son personnage pour montrer à la Cabale, opposante à celui-ci et à son œuvre, qu’il fait bien la différence entre les vrai et les faux dévots et qu’il ne critique pas la religion même, mais ceux qui en abuse : « Mais en un mot, je sais, pour toute ma science, du faux avec le vrai faire la différence, Et comme je ne vois nul genre de héros, Qui soit plus à priser que les parfaits dévots, aucune chose au monde est plus noble et plus belle, Que la sainte ferveur d’un véritable zèle, Aussi ne vois-je rien qui soit plus odieux, Que le dehors plâtré zèle spécieux. » (Acte I, scène 5, vers 353- 360). Et dénonce ensuite l’hypocrisie des faux dévots avec, je cite : « qui savent ajuster leur zèle avec leur vices, Sont prompts, vindicatifs, sans foi, pleins d’artifices » (Acte I, scène 5, vers 373-374). Pour conclure en disant ce qu’il pense de Tartuffe : « Votre homme, à vrai dire, n’est pas de ce modèle, C’est de fort bonne foi que vous vantez son zèle, Mais par un faux éclat je vous crois ébloui. » (Acte I, scène 5, vers 405-408).




Mais seul l’amour de Tartuffe pour Elmire, la femme d’Orgon, peut le démasquer. Il essaie tout de même de la mettre en confiance : « Ah ! Pour être dévot je n’en suis pas moins homme » (Acte III, scène 3, vers 996) mais il jette le masque lorsque Elmire le met, et déclare sa flamme sans retenue, Elmire n’est pas dupe. « J’aurai toujours pour vous, Ô suave merveille, Une dévotion à nulle autre pareil » dit-il vers 985-986 (Acte III, scène 3). Lorsqu’il est démasqué par Orgon, caché sous la table, il ne cherche pas à se justifier ; il sait qu’il faut agir par la ruse face au maître de maison, mais il sait bien qu’Orgon est assez naïf, comme le montre le vers1524 et 1526 (Acte IV, scène 5): « C’est un homme, entre nous, à menez par le nez » … « Et j e l’ai mis au point de voir tout sans rien croire ». Il affecte l’humilité du pécheur repentant et se chargeant de tous ses crimes, sauf de celui dont on l’accuse pour détourner le sujet et se mettre sous l’aile protectrice d’Orgon : « Oui , mon frère, je suis un méchant, un coupable, Un malheureux pécheur tout plein d’iniquité, Le plus grand scélérat qui n’est jamais été. Chaque instant de ma vie est chargé de souillures ; Elle n’est qu’un amas de crimes et d’ordures » (Acte III, scène 6, vers 1074- 1078). Il n’est alors pas cru le seul moment ou il dit entièrement la vérité sur sa personne, ce qui montre son esprit machiavélique et diabolique. Tartuffe sait bien qu’Orgon prendra sa défense et se punit lui-même en le manipulant pour arrivé à son but pour répliquer enfin : « Je fuirai votre épouse et vous ne me verrez,… », pour qu’Orgon réponde « Non, en dépit de tous, vous la fréquenterez. ».


Tartuffe a donc réussi à « voler » la femme d’Orgon, il veux maintenant s’emparer des biens d’Orgon comme il réussi à le faire en héritant de celui-ci la cassette. Il déclare au vers 1558 (Acte IV, scène 7) : « La maison m’appartient, je le ferai connaître ». Il n’a aucune pitié pour Orgon et sa famille et ne fait preuve d’aucune indulgence envers elle.

Mais Molière ne laissera pas à cette histoire une triste fin : la tragédie cède à la grande comédie,

tandis que l'Exempt arrête Tartuffe et l'accuse à juste titre de nombreux crimes.



b) Les vrais dévots dans Tartuffe

De tous les personnages de la pièce, deux seulement sont réellement des dévots: Mme Pernelle et Orgon. Or Molière les représente tous deux de manière relativement ridicule: Mme Pernelle est opiniâtre, autoritaire et fait sourire le lecteur, tandis que Orgon est représenté comme l'homme relativement stupide qui se fait avoir du début à la fin. Ni l'un ni l'autre comprend que Tartuffe abuse d'eux. Dans Tartuffe, nous avons l'impression que Molière s'attaque plus aux vrai dévots qu'à Tartuffe, et donc cela peut donner l'impression que l'on peut conclure que la foi la plus sincère (celle d'Orgon et de Mme Pernelle) plonge les croyants peu raisonnable dans ce que l'on peut appeler la sottise ou l'injustice (Orgon veut obliger sa fille à épouser Tartuffe alors qu'elle est déjà promise à Valère).


2/ L'ambiguïté de la pièce


a) Selon certains, la pièce de Tartuffe constitue une attaque contre la religion


A l'époque, nombreux étaient les personnes qui pensaient que Tartuffe constituait une attaque contre la religion. Les partisans de cette thèse s'appuyaient principalement sur trois arguments:

En premier lieu, Molière, à travers Tartuffe, ridiculise le souci de fuir le péché (ce qui est très important pour un chrétien). En effet, c'est ce que fait Tartuffe qui s'accuse « à péché la moindre bagatelle » (Acte I, scène 5, v.306).

En second lieu, Molière va à l'encontre des moralistes chrétiens qui soutenaient que « la nudité des corps » était un péché : Dans Tartuffe, Dorine affirme qu'il faut être hypocrite ou anormal pour s'offusquer d'un décolleté (Acte III, scène 2, v.863 à 868). Par ailleurs, le mépris qu'a Orgon pour les biens matériels (Acte II, scène 2, v. 484 à 490) était totalement conforme à la morale chrétienne. Or Molière fait d'Orgon un personnage facile à abuser et, même, parfois, il faut dire, assez stupide.

En troisième lieu, les déclarations de Cléante (acte I, scène 5, v.388 à 391) réduisent la religion à une simple morale sociale que n'importe qui, même un non-chrétien, peut accepter et cela vide la foi de tout contenu.




b) Selon d'autres, Tartuffe n'est pas une attaque contre la religion


Face à cela, ceux qui réfutent cette thèse opposent trois objections majeures :

En premier lieu, il est inconcevable que Tartuffe ait été représenté à la cour si son intention eut été antichrétienne, Louis XIV ne l'aurait pas permis. De plus Molière a toujours nié que sa comédie critiquait la religion.

En second lieu, Mme Pernelle et Orgon sont tous deux ridicule, non pas car ce sont des dévots, mais bel et bien parce qu'ils sont superstitieux: Les prétextes imaginés par Dorine dans le but de décaler le mariage de Tartuffe et de Mariane en témoigne : elle lui suggère d'invoquer quelques « présages mauvais » ou un « miroir cassé » (Acte II, scène 4, v.804 à 806). Or ce comportement n'a rien avoir avec le christianisme.

En troisième lieu, il existait à cette époque là une forme de catholicisme qui essayait de rassembler la raison avec la foi, et en ce sens là, la position sage et raisonnable de Cléante n'est donc pas si suspecte.




c)L'art face à la question religieuse


Dès les premières représentations de Tartuffe, la polémique s'installe : on critique Molière pour avoir fait une œuvre immorale et contre la religion, et on vient même à le menacer excommunication et à lui contester le droit d'aborder le sujet de la religion dans ses comédies.

Cette question de la représentation de la religion a toujours suscité le débat.

Dès le Moyen-Age les fabliaux ( bref récit en vers, édifiant ou satirique)

offrent une image parfois grotesque des hommes d'églises : au XVI°, Rabelais, dans Gargantua, livre une satyre virulente de la vie monastique. Jean De La Fontaine, un contemporain de Molière, mit en scène,à travers ses fables, les abus des hommes d' églises de l'époque (« Le Curé et le mort », « Le rat qui s'est retiré du monde »). Plus tard, au XVIII°, Voltaire conteste le fait qu'une église prédomine,en France, sur les autres. Puis, finalement, en 1905, ce débat aboutit à la séparation de l'État et de l'église.




Conclusion





Molière est un écrivain engagé qui a eu une grande influence à son époque. Étant proche du roi il a pu imposer ses idées comme ses critiques sur la société de son époque.

Dans Tartuffe il présente plusieurs dévots : Mme Pernelle et Orgon qui sont tous deux des vrai dévots et Tartuffe qui est l'hypocrite incarné. Il les représente tout les trois de manière péjorative . C'est à travers la Grande Comédie que Molière fait comprendre son point de vue sur les faux dévots et l'hypocrisie. De plus, la polémique que fit Tartuffe lors de son apparition montre à quel point ce chef d'œuvre est d'une grande richesse, dont le sens est inépuisable et qui peut se prêter à de nombreuses interprétations.



http://www.ac-nice.fr/lettres/civ/articles.php?lng=fr&pg=159
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